Prise en charge des patients agressifs et de leur famille
Service de cardiologie, un soir de semaine. Une femme reste au chevet de son mari bien après la fin des visites. Un infirmier s’approche, lui dit gentiment qu’il est tard, qu’elle pourra revenir le lendemain.
Elle explose. Elle attrape le moniteur de son mari et le lui lance, l’appareil se brise. L’infirmier appelle du renfort, la sécurité, la police. Le renfort arrive ; la police, non. La femme explose une seconde fois et lance le second moniteur, celui de l’autre patient, présent dans la même chambre.
Personne ne parvient à la contenir. Bilan : deux moniteurs cassés sur huit. Le service tourne désormais à 6 lits opérationnels au lieu de 8, sur ce qui n’était, au départ, qu’une conversation de fin de visite.
Un service qui s’arrête, une mission qui recule
Ce que cette anecdote montre, c’est qu’une altercation n’est jamais un incident isolé. Elle interrompt le service, parfois pour la soirée, parfois durablement, un service dégradé, ce sont des patients moins bien suivis, une équipe déjà tendue qui l’est encore davantage, et un établissement qui absorbe le choc longtemps après que la crise elle-même est retombée.
Et ce genre d’événement n’a rien d’exceptionnel. Les soignants sont les primo-répondants dans 61 % des situations de violence en milieu de santé (source : OVNS, Observatoire National des Violences en milieu de Santé). Ce ne sont pas des agents de sécurité, ni des policiers formés au maintien de l’ordre. Ce sont des infirmiers, des médecins, des aides-soignants, en première ligne, sans y avoir été préparés.
L’hôpital, dernier sanctuaire
L’hôpital a une particularité que peu d’institutions partagent : il soigne tout le monde, sans condition. Peu importe le statut, la nationalité, la responsabilité dans les faits, ou même le comportement de la personne au moment des faits, l’hôpital reste, en dernier recours, un sanctuaire. C’est précisément ce qui fait sa force, et ce qui le rend vulnérable : cette porte reste ouverte à toutes les détresses, y compris celles qui s’expriment par la violence.
Protéger le fonctionnement de l’hôpital, ce n’est donc pas un enjeu logistique parmi d’autres. C’est protéger sa fonction même, cette capacité à rester ouvert et à soigner, quoi qu’il arrive à sa porte.
Des professionnels de l’empathie, mis à l’épreuve
Les soignants sont, par vocation et par formation, des professionnels de l’empathie. C’est le cœur de leur métier : accueillir la détresse, l’écouter, y répondre. Mais l’empathie a un coût, et sous tension prolongée, un service surchargé, une nuit difficile, une agression verbale de trop, cette capacité s’érode. Ce n’est pas un manque de professionnalisme : c’est une ressource humaine, épuisable comme une autre.
C’est là tout l’enjeu : donner aux équipes les moyens de préserver cette empathie même dans les moments où elle est mise à rude épreuve, plutôt que de la voir s’effondrer au pire moment, comme lors de l’épisode en cardiologie.
Pourquoi la gestion des conflits a sa place en formation continue
Pour toutes ces raisons, la fréquence des incidents, le rôle de primo-répondant qui échoit aux soignants, la nécessité de préserver le fonctionnement de l’hôpital et sa mission, la préservation de l’empathie sous tension, la gestion des conflits n’est pas un module annexe dans la formation continue des médecins. C’est une compétence aussi centrale que le geste clinique.
Le cours de formation continue sur la gestion des patients agressifs, agités ou violents répond directement à ce besoin, pour le personnel qui travaille dans des environnements où la tension monte vite : hôpitaux, urgences, EHPAD, services sociaux, soins ambulatoires.
Ce que le cours vise concrètement
Dans l’anecdote du début, ce n’est pas la première réaction de l’infirmier qui a posé problème, c’est l’absence de protocole pour tout ce qui a suivi : personne pour repérer la montée de tension avant l’explosion, personne pour contenir la situation au moment du renfort, aucune coordination d’équipe une fois la crise enclenchée.
Le cours travaille précisément ces angles morts : repérer les premiers signes d’une escalade avant qu’elle ne devienne ingérable, utiliser des techniques de désescalade verbale, posturale et environnementale, réduire le risque d’agression et la charge de stress qui l’accompagne, faire face à un proche hostile ou en crise sans envenimer la situation, et, plus largement, construire un environnement de soins plus sûr pour les patients comme pour les équipes.
Une accréditation ECM reconnue en Italie
Le cours a été accrédité par l’AGENAS à plusieurs reprises, via des prestataires officiels ou directement par les ARS (Autorités Régionales de Santé). Il ouvre droit à des crédits de formation ECM, comptabilisés dans le cadre de la mise à jour professionnelle obligatoire.
Les modalités
- Format : présentiel
- Durée : 8 heures
- Crédits ECM : 11 au minimum
- Participants : 20 maximum par groupe
On garde volontairement les groupes réduits. Au-delà, les mises en situation perdent en réalisme et l’attention de chacun s’émousse, or c’est justement dans ces mises en situation qu’on apprend à réagir comme l’équipe de cardiologie aurait eu besoin de le faire ce soir-là.
Ce qu’on travaille pendant ces 8 heures
- La psychologie de la violence appliquée au contexte des soins
- Les stratégies de contention verbale et de gestion des émotions, la sienne comme celle de l’autre
- Des simulations pratiques : jeux de rôle et analyse de cas réels, pas de théorie hors-sol
- La communication efficace en situation critique, via l’empathie tactique
- La coordination d’équipe quand la situation prend de l’ampleur
- La contention physique par l’usage des vêtements, sans jamais recourir au coup
Ce qu’on me demande le plus souvent
Le cours est-il reconnu partout en Italie ?
Oui, via l’AGENAS, quel que soit l’établissement.
Comment obtient-on le certificat ?
Oui, via la plateforme de l’agence régionale de santé qui a accrédité la session.
Est-ce vraiment pratique, ou surtout de la théorie ?
La pratique est le cœur de la formation, exercices guidés et scénarios réalistes, à l’image de celui décrit plus haut.
Le cours convient-il à toutes les équipes ?
Oui, il est pensé pour s’adapter au travail en équipe, quel que soit l’environnement de soins.
Il aborde aussi le problème des familles, visiteurs et aidants ?
On traite spécifiquement ce cas, on intervient dès qu’une agression se profile, toujours dans le cadre et la mission de l’hôpital.
Comment organiser une session ?
Contactez-moi pour organiser un cours dans votre hôpital ou connaître les prochaines dates.

